Chapitre 8 :
L'entraînement
L'entraînement
Un immense nuage noir recouvrit soudainement le ciel de Menara. Orosa, les mains levées vers le ciel, dit à ses hommes de partir loin et de ne revenir que dans trois jours. Arlao demanda alors à Orosa la raison pour laquelle ils devaient partir.
- Je vais ouvrir le passage vers les cieux, pour cela, je vais utiliser une grande quantité d'énergie, cela me prendra trois jours. Une fois cette énergie condensée, je pourrai matérialiser un chemin jusqu'au ciel. Expliqua Orosa.
- Ne pouvons-nous pas vous aider ? Si nous vous offrions notre énergie, cela irait plus vite ? Demanda Arlao.
- Votre énergie est bien trop faible ! Pour matérialiser un chemin de cette ampleur, il ne faut que de la haute énergie. Moi seul peut produire une telle énergie, me donner la votre ne ferait qu'affaiblir le chemin, jusqu'à le faire s'effondrer. Maintenant, laisse-moi et emmène mes hommes ! Dit Orosa, de façon autoritaire en reprenant sa concentration.
Arlao partit sur le champ en emmenant l'armée d'Orosa avec lui.
- L'heure approche, ma vengeance va enfin s'accomplir ! Sourit Orosa tout en regardant le ciel.
Sur la terre des Homme-rats, les trois Elyas étaient prêts pour leur entraînement express de trois jours. Veyala retrouva Fluerya, celle-ci lui annonça le raccourcissement de son entraînement
- Quoi ? Trois jours ! Mais nous ne serons jamais prêts dans trois jours, c'est impossible ! Cria Veyala.
- Cesse de crier ! C'est inutile et ça me dérange. Bon, certes, trois jours c'est court, mais ce sera suffisant pour que je t'apprenne pas mal de choses. Ensuite, tu apprendras le reste directement sur le terrain en situation de guerre. Sourit Fluerya.
Veyala semblait démoralisée mais avait écouté avec intérêt son professeur.
- Sourit un peu ! Tu t'en fais trop. Nous allons faire autre chose aujourd'hui. Ta vitesse s'est bien améliorée, à présent, nous allons travailler ta force physique. Les deux jours restants serviront à l'apprentissage de nouvelles techniques.
Fluerya avait apporté une hache qu'elle avait fabriqué elle-même. La hache était grande, le manche fait de bois solide et la lame forgée lui donnait une forme arrondie sur le bout.
- Tu va prendre cette hache et tu vas me frapper avec. Dit Fluerya.
- Mais.. Je pourrais vous tuer... Et puis, cela ne fera pas travailler ma force de manier une hache ? Dit Veyala, perplexe.
- Cesse de réfléchir un peu et fait ce que je te dis ! Dit Fluerya avec sérieux.
Veyala, face à l'air autoritaire de Fluerya, s'avança vers la hache et posa ses mains sur le manche. Elle entreprit de la soulever mais celle-ci ne bougea pas d'un pouce. Veyala s'y reprit à deux fois sans succès.
- Elle est trop lourde... avec quoi l'avez-vous fabriquée ? Demanda Veyala, en sueur.
- Lorsque je l'ai forgée, j'ai introduit mon énergie à l'intérieur afin de décupler son poids initial. Le but de cet entraînement est que tu réussisses à soulever cette hache et que tu me touches une seule fois avec. Sourit Fluerya.
Veyala regarda la hache posée sur le sol, mesurant l'ampleur de la tâche.
Bervas et Jorixa se trouvèrent, de leur côté, dans un endroit entièrement entouré d'arbres. L'aspect général donnait l'impression d'être dans un grand plateau de combat. Jorixa venait de tester Bervas lors d'un petit affrontement.
- Je ne t'avais jamais vu vraiment combattre, tu es doué. Tu as surtout une grande maîtrise face à ton adversaire, tactiquement, je n'ai rien à t'apprendre, vraiment. Par contre, tu manques de vivacité. Lorsque tu empruntes une forme liquide, tu es très rapide mais vulnérable, mais lorsque tu retrouves ton apparence normale, tu n'es pas assez rapide. Dit Jorixa.
- Je me suis pourtant entraîné pour ma vitesse, suis-je vraiment trop lent ? Demanda Bervas.
- Non bien sûr ! Tu es tout de même rapide, mais face à l'élite des guerriers, tu serais vite dépassé. La tactique ne sert à rien si tu n'as pas le temps de l'appliquer. Aujourd'hui, nous allons travailler ta vitesse en utilisant les caractéristique de ta technique « Kor Feriys » (Argent Liquide). Dit Jorixa, concentré.
- Comment ? Demanda Bervas.
- Ne t'inquiète pas, nous allons trouver ensemble. Par contre, nous occulterons l'entraînement physique. Ton style de combat n'est pas basé sur ta force. Les deux jours suivants, je t'enseignerai de nouvelles techniques. Dit Jorixa.
L'entraînement débuta alors pour Bervas, Jorixa lui demanda d'essayer d'exécuter sa technique en ne transformant que ses jambes en argent liquide.
- Mais c'est impossible. Si je ne transforme que mes jambes, je tomberai à terre, obligatoirement. Je ne peux solidifier cette matière. Dit Bervas.
- Il faut que tu apprennes à la solidifier juste assez pour retrouver la même texture que ta peau. Tu verras alors ta vitesse augmenter prodigieusement pendant quelque temps. Cela t'aidera lorsque tu combattras un adversaire extrêmement rapide. Ensuite, le fait d'exécuter cette technique plusieurs fois décuplera ta vitesse initiale. Tu vas pouvoir t'améliorer rapidement grâce à cela. Sourit Jorixa.
- En vous battant une seule fois avec moi, vous avez réussi à trouver cela ! Vous êtes vraiment fort. Dit Bervas, impressionné.
- Juste observateur... Dit modestement Jorixa.
Bervas commença alors son entraînement sous l'½il observateur de Jorixa.
Saymaru, quant à lui, fit la connaissance de celui qui avait la charge son entraînement durant ces trois jours.
Après avoir fait connaissance avec Volza, Saymaru lui demanda par quoi il allait commencer.
- Tu as l'air d'en vouloir ! C'est bien ,ça ! Ça fait longtemps que j'ai pas eu quelqu'un à m'occuper. En plus, trois jours pour t'aider à devenir un grand guerrier ! On va bien s'amuser ! Rit Volza.
Ayaru les rejoignit alors en courant.
- Alors, en retard ? Sourit Saymaru.
- Maintenant que vous êtes au complet, on va y aller. Pour commencer, je vais me battre avec vous, pour voir votre style de combat.
- Et bien, c'est-à-dire qu'on ne s'est jamais battus à deux... Ayaru n'a encore jamais combattu jusqu'ici. Dit calmement Saymaru.
- Jamais ? Ça va être encore plus amusant.
Volza regarda Saymaru et Ayaru un petit moment, et fonça sur eux en criant.
- Improvisez, j'attaque !Cria Volza.
Saymaru et Ayaru se regardèrent avec panique, Ayaru montra les crocs tandis que Saymaru se plaçait devant lui.
- « Karlen Farlessa » (Les Épées Ailées). Prononça Saymaru.
Ses deux bras armés d'ailes tranchantes, il fonça lui aussi sur Volza. Celui-ci l'esquiva et continua son avancée sur Ayaru. Le jeune Oronas, campé sur ses pattes, poussa un grognement, il sortit alors ses griffes et attaqua Volza. L'Homme-rat esquiva les attaques sans problème, attrapa Ayaru et l'immobilisa à terre. Ayaru émit un cri de détresse.
- Lâche-le ! Cria Saymaru.
Il sortit ses deux épées de son dos et courut aider son ami, une lueur vert sombre l'entoura alors, ses yeux reprirent cette couleur verte étrange. Volza, surpris, lâcha Ayaru et matérialisa une grosse épée recouverte d'écorces d'arbre.
- Je ne sais pas ce que c'est, mais c'est dangereux. Saymaru ! Reprend toi ! Cria Volza.
Saymaru ne prêta pas attention à l'Homme-rat et avança sur Ayaru.
-Cette envie de tuer ! Vite, il faut que je l'arrête ! Dit Volza, paniqué.
Il s'interposa alors devant Saymaru en exécutant un bond impressionnant. Les deux épées de Saymaru frappèrent avec force Volza, celui-ci faillit plier sous la puissance de l'impact.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Désolé, mais je n'ai pas le choix. Dit Volza, avec fureur.
L'Homme-rat frappa de toute ses forces Saymaru avec la poignée de son épée, mais ce dernier l'arrêta d'une main. Quelque chose de transparent sortit alors de l'Elya, une tête immense de couleur vert sombre, des crocs terrifiants, des yeux emplis de haine et de fureur. Cette tête transparente était celle d'un Oronas dont le poil était vert sombre. Ayaru, qui vit la scène, se mit à trembler. Malgré sa peur, il courut vers la tête immense et essaya de la griffer de toutes ses forces. Volza, paniqué par la vue de ce monstre, recula alors d'un bond et prononça.
- « Karlen Mueryu » (Prison d'Épées).
Volza fit apparaître une dizaine d'épées similaires à la sienne qui entourèrent Saymaru jusqu'a l'enfermer. Les épées formant la prison avaient blessé légèrement Saymaru. La tête transparente de l'Oronas vert continua à hurler de rage.
- Un Oronas ? C'est impossible ! Et cette rage, les Oronas étaient des créatures nobles, pas des monstres ! Il faut vite que j'appelle le Maître. Volza courut à toutes vitesses et appela le maître de toutes ses forces, celui-ci le suivit sans rien lui demander. Quand ils arrivèrent, la tête de l'Oronas continuait de hurler dans sa prison, le maître haussa alors les sourcils d'un air surpris.
- Il va falloir sceller cette créature, et maintenant. Dit calmement le maître.
- Mais c'est un Oronas ! Comment est-ce possible, Maître? Demanda Volza.
- Je ne sais pas, mais cette chose est mauvaise. Je m'entretiendrai avec Saymaru. Nous allons le sceller, et je te demanderai de n'en rien dire à Saymaru. Il est préférable qu'il l'ignore. Demanda le maître à Volza.
- Je comprends, nous poursuivrons l'entraînement sans en parler. Allons-y ! Dit Volza ,avec détermination.
- « Ryosa Falzely » (Sceau Ryosa). Prononcèrent les deux Homme-rats en même temps.
La tête verte disparut alors petit à petit à l'intérieur du corps de Saymaru.
- Tu diras à Saymaru de venir me voir après votre entraînement. Dit le maître, en quittant les lieux, les yeux rivés vers le ciel.