Chapitre 19 :
L'aspiration secrète d'Orosa
L'aspiration secrète d'Orosa
Après s'être disputé pendant prés d'une heure pour savoir qui commencerait l'entraînement, Saymaru réussit à faire abdiquer Yoiir.
- Vous nous avez fait perdre une heure pour rien ! Vous êtes vraiment des gamins !! Cria Linaya, à bout de nerfs.
- Reste cool, Linaya. Faut pas s'énerver pour si peu. Dit Saymaru en rigolant.
Linaya sauta sur Saymaru et essaya de l'étrangler avec férocité. Huizinga et Yoiir coururent la retenir tandis que Bervas prit Saymaru pour le mettre à l'abri.
- Linaya, partons-nous entraîner, ça te fera du bien. Je sais comment Saymaru peut être insupportable, vaut mieux qu'on aille plus loin un moment. Dit Bervas, avec un sourire.
- Dis donc, elle est folle !! En plus, elle m'a fait perdre du temps ! Allé, à plus, les gars. Je vais m'entraîner ! Dit Saymaru.
- Quel phénomène, quand même, celui-là... Dit Bervas en soufflant.
Saymaru partit en emmenant l'oiseau sur son épaule. Il trouva alors un endroit dénué d'arbres et d'obstacles, il chercha sur l'oiseau l'endroit stratégique sur lequel Linaya lui avait dit d'appuyer. Il le trouva au bout de quelque minutes et appuya dessus. L'oiseau se mit à hurler et s'envola à une vitesse ahurissante. Saymaru arrivait à peine à voir l'oiseau qui laissait derrière lui des traces de fumée.
- Quelle vitesse !! Je vais lutter pour l'attraper... J'y arriverai quand même ! Dit Saymaru, déterminé.
Il se mit alors à suivre l'oiseau. Celui-ci le sema sans difficulté au bout de quelques mètres. Saymaru s'entraîna ainsi pendant une heure sans aucun résultat. Épuisé, il s'arrêta et sortit un long biscuit de l'une de ses poches, l'oiseau s'immobilisa alors et fonça sur Saymaru qui se baissa de peur. Quand Saymaru rouvrit les yeux, l'oiseau était à côté de lui et mangeait son biscuit tranquillement, sans le moindre signe de fatigue.
- T'es vraiment balèze, toi ! J'aimerais bien avoir tes ail.. S'arrêta net Saymaru.
Il venait d'avoir une idée, il se releva et concentra son énergie.
- « Farless » (Les Ailes).
Des ailes se formèrent sur les bras de Saymaru qui reprit l'oiseau et appuya de nouveau sur l'endroit stratégique. L'oiseau démarra de nouveau avec la même vitesse ahurissante, Saymaru courut en agitant ses ailes avec rapidité. Il se rendit alors compte qu'il avait légèrement gagné en vitesse car il réussit à garder l'oiseau en vue pendant prés de trente secondes. Il s'entraîna pendant encore une heure, et il réussit à suivre l'oiseau pendant prés de cinquante secondes. Il était maintenant si épuisé qu'il s'arrêta et en sortant un nouveau biscuit, arrêta l'oiseau. Il le prit sur son épaule et partit rejoindre Bervas et les autres, fier de son premier entraînement.
Au sud de Miloya, Orosa suivi de son armée, détruisait et asservissait plusieurs petits villages.
- Seigneur Orosa, puis-je vous poser une question ? Demanda Arlao, son bras droit.
- Oui, bien sûr. Dit Orosa.
- Une fois que les Hommes asservis, que ferons-nous ? Demanda Arlao.
- Après les Hommes, nous partirons à la recherche de tous les pays cachés de Menara. Je veux tout contrôler, car j'ai besoin d'une très grande armée. Je n'ai que deux de mes symboles, cela est loin, très loin d'être suffisant pour me venger des dieux. J'ai donc besoin de cette armée pour qu'ils combattent les forces. Moi seul, je ne le pourrai. Une fois mes symboles et mon pouvoir retrouvés, je me vengerai et je dominerai le ciel, la terre, la mer. La planète entière ! Dit Orosa.
Arlao vit briller dans ses yeux une expression qui trahissait autre chose, car il le savait, Orosa ne lui disait pas tout. Il ne se contenterait pas de cela. Ses ambitions devaient être beaucoup plus cruelles que cela.
- Merci de m'avoir répondu mon seigneur, je vous suivrai jusqu'à la mort ! Dit Arlao, avec un regard dénué d'expression.
- Suis-moi et tu seras récompensé. Ta fidélité et ta force feront de toi l'un des premiers à jouir de mon pouvoir. Dit Orosa.
Arlao quitta alors Orosa, le laissant seul parler à voix basse.
- Tout se déroule comme prévu, bientôt je n'aurai plus besoin de ces vermines dans mon armée. Une fois mes pouvoirs retrouvés et les dieux vaincus, je créerai ma propre armée et ouvrirai le passage céleste. Ainsi, je pourrai réaliser mon principal objectif. Le contrôle total des douze mondes !!! Dit Orosa, avec un rire démoniaque.
Orosa dévoilait ses vraies intentions, qu'étaient ses douze mondes ? Jusqu'où irait Orosa dans sa quête de pouvoir ?
A Miloya, Hokra, assis sur son trône, attendait la venue de son espion chargé de l'informer de l'avancement de la mission de Jefryo.
- Que fait-il ? Il sait pourtant ce qui se passe lorsque l'on me fait attendre ! J'ai hâte. Une fois que j'aurai la confirmation de la mort d'Orosa, je pourrai passer à la vitesse supérieure. Le temps de contrôler Menara dans sa totalité est venu.
Hokra resta assis et attendit encore durant environ deux heures. Son impatience se lisait de plus en plus sur son visage, si bien qu'il congédia avec mépris l'homme venu lui apporter son repas. Les rideaux dorés aux motifs royaux s'agitèrent doucement. Un homme petit et fin bondit de la fenêtre et se posa devant Hokra, le genoux à terre.
- Enfin ! Tu m'as fait attendre, j'espère pour toi que cette attente en valait la peine ! Dit Hokra, avec une voix supérieure.
L'homme osait à peine lever les yeux sur Hokra, il prit une grande inspiration et dit d'une petite voix.
- Mon Roi, malheureusement c'est une mauvaise nouvelle que je dois vous annoncer. De mes propres yeux, j'ai vu les dix Généraux du Ciel mourir les uns après les autres. Le combat était tel que tous furent vaincus. Je n'ai vu le corps de Jefryo nul part. J'ai, d'ailleurs toujours, douté de lui, mon Roi,. Cela ne m'étonnerai pas qu'il nous ait trahis pour rejoindre cet Orosa. Dit l'homme.
Le visage d'Hokra prit une teinte rouge effrayante. Il s'avança alors vers l'homme, tendit le bras vers son cou et le leva avec facilité.
- J'ai sûrement plus confiance en Jefryo qu'en un mécréant comme toi. C'est impossible qu'ils aient été battus comme ça. Orosa ne peut pas être aussi fort ! Je vais devoir changer mes plans, je dois préparer les défenses de Miloya. Dit Hokra, avec inquiétude et fureur.
Il resserra son étreinte sur le cou de l'espion en même temps qu'il parlait. L'espion implorait Hokra mais celui-ci, absorbé par ses pensées, resserra toujours plus son étreinte jusqu'à ce que le bruit de son cou brisé le fasse réagir. Il relâcha alors le corps inerte.
- Je t'avais bien dit que je n'accepterai qu'une bonne nouvelle, enfin... Il faut que j'aille le voir, la situation a prit une tournure inattendue, j'ai besoin de plus de pouvoir. Dit Hokra.
Bervas qui s'entraînait avec Linaya vit Saymaru revenir avec l'oiseau sur son épaule et un sourire ravi.
- N'abîme pas trop mon petit Bervas, Linaya ! Dit Saymaru.
- Comment ça s'est passé ? Demanda Linaya, calmée depuis sa dernière rencontre avec Saymaru.
- C'est un secret, mais sans me vanter, d'ici quelques jours, je l'attraperai, moi, hein ? Dit Saymaru en regardant l'oiseau.
- Toujours le même... Mais bon on te changera plus, le plus important est d'améliorer notre vitesse pour l'instant. Dit Bervas.
- Saymaru, c'est au tour de Yoiir. Tu t'entraînera avec moi pendant ce temps là. Bervas, tu iras avec Huizinga. Nous connaître tous parfaitement au combat est important pour notre travail d'équipe lors des batailles à venir. Dit Linaya.
- Pas de problème, mais je te ferai pas de cadeaux parce que t'es une fille... Espérons que tu te bats aussi bien que les femmes Elyas. D'ailleurs, je me demandais pourquoi vous avez ces croix sur le visage ? Demanda Saymaru, le regard empli de curiosité.
- Ah, et bien en fait, personne ne le sait.. Ce que tu demandes est le plus grand mystère de notre race depuis la création de Menara. Quand nous naissons, nous n'en n'avons pas, elles poussent petit à petit et ne cessent jamais de grandir, si bien que les croix peuvent recouvrir presque entièrement le visage d'un vieil homme. Dit Linaya, avec sérieux.
- De toutes façon, vous êtes bizarres. Dit Saymaru en partant chercher à manger dans l'un des sacs.
- Il me demande quelque chose pour ensuite m'envoyer bouler comme ça ! Grrr !! Dit Linaya qui, une nouvelle fois, voulut se jeter sur Saymaru.
Saymaru, un grand morceau de pain à la main, se dirigea vers Yoiir avec l'oiseau. Ce dernier ainsi que Huizinga faisaient une pause et saluèrent Saymaru. Yoiir courut vers lui et prit l'oiseau sans s'arrêter, juste en saluant Saymaru au passage. Huizinga souffla et suivit Saymaru pour rejoindre Linaya et Bervas. L'entraînement des cinq jeunes guerriers battait son plein, ne sachant pas quelle importance il aurait pour l'avenir de Menara.