Chapitre 18 :
L'héritage d'un peuple
L'héritage d'un peuple
Le gigantesque chemin vers les cieux avait prit sa forme définitive. Orosa, épuisé, alla se reposer dans sa tente.
- Plus qu'une petite journée à attendre et je pourrai enfin me venger !! Vous ne ferez pas échouer mes plans, cette fois ! Sourit Orosa, démoniaque.
Pendant qu'Orosa se reposait, Arlao prit les commandes et ordonna l'armée avec autorité. Les relations entre les hommes d'Orosa et les Ukors étaient délicates, les Homme chauves-souris, sous le contrôle d'Orosa, restaient neutres et ne se mélangeaient pas. Arlao, constamment sur ses gardes, arrivait à contrôler tout ce monde comme un vrai chef.
- Ils ne sont pas aussi coopératifs que la dernière fois... Ils semblent nous aider par obligation. Espérons qu'ils resteront malgré tout de notre côté. On doit gagner cette bataille, il le faut ! Soupira Arlao.
Plus loin Kurxo discutait avec deux de ses guerriers.
- Nous allons combattre avec eux, mais restez sur vos gardes. Selon
comment cela va évoluer là-haut, nous pourrons peut-être saisir une occasion de rafler la mise. Alors prévenez tout le monde en silence, qu'ils fassent un effort de cohabitation et qu'ils se battent de toutes leurs forces. Ordonna Kurxo.
Chez les Hommes-rats, la venue de Yuirza avait fini par alerter Bervas et Veyala ainsi que leur mentors, tous regardèrent avec curiosité le gigantesque Oronas devant eux. Mis au courant des intentions de Yuirza, les deux Elyas s'étaient vite rangés du côté d'Ayaru et Saymaru. Yuirza, devant cette mobilisation, s'interrogeait.
- Je comprends vos sentiments, je suis même heureux qu'Ayaru ait rencontré des gens bons et gentils. Mais malgré cela, je ne peux pas vous laisser Ayaru. Sa vie est plus importante que toutes les autres, il doit vivre, coûte que coûte. Expliqua calmement Yuirza.
- Je dois aider Menara, rester en vie et regarder tout le monde se battre m'est impossible, je suis désolé mais je vais rester là ! Dit Ayaru avec obstination.
- Tu ne peux pas comprendre, pas encore... Je pourrais te laisser ici si la situation était différente. Mais malgré leur courage et leurs forces, tes amis ne peuvent garantir ta sécurité, je le peux jusqu'à t'amener en lieu sûr. Dit Yuirza.
- Je le protégerai ! Cria Saymaru.
- Nous aussi le protégerons ! Crièrent à leur tour Bervas et Veyala.
Jorixa émergea de derrière Veyala, Yuirza sourit en le voyant.
- Yuirza, si je puis me permettre, ces trois jeunes Elyas ne sont pas n'importe qui. Ce sont eux ! Dit-il avec un sourire.
Yuirza ouvrit grands les yeux.
- Vraiment ? Quelle coïncidence ? Ayaru, dernier espoir des Oronas, et les trois Elyas derniers espoirs de vos peuples ensemble. Je n'aurais jamais penser cela ! Mais j'aurais dû m'en douter, vous ici, cela ne pouvait être que cela. Sourit Yuirza.
- Je comprends rien de ce que vous racontez, mais en tout cas, Ayaru peut rester avec nous ! Faites nous confiance ! Dit Saymaru avec conviction.
- Effectivement... Vous le laissez représenterait assurément un risque, mais vous l'enlever serait certainement une grosse erreur. Je ne sais que faire. S'interrogea Yuirza.
- Je pense que vous devriez le laisser. Dit le maître qui venait d'arriver.
- Maître ! Crièrent les trois Elyas d'une voix.
- Enchanté de vous rencontrer. S'inclina Yuirza.
- Le plaisir est partagé. S'inclina à son tour le maître.
- Vous aussi êtes d'avis que je laisse Ayaru ? Demanda Yuirza.
- Oui, comme vous le savez, ce sont eux notre dernier espoir. Je ne peux vous assurer qu'il n'arrivera rien à Ayaru, cependant je reste persuadé que c'est ensemble qu'ils nous sauverons tous, vous comme nous. Dit le maître.
- Saymaru, tu es celui qui a recueilli Ayaru, n'est-ce pas ? Celui qui s'est occupé de lui ? Je vais donc te léguer une tâche d'une importance dont tu n'as même pas idée. Je vais placer en toi l'avenir de mon peuple, approche. Demanda Yuirza.
Saymaru approcha lentement vers Yuirza, celui-ci reprit une forme humaine.
- Comment faites-vous ça ? Ayaru peut le faire lui aussi ? Demanda Saymaru, impressionné.
- Ceci est un pouvoir que nous possédons, mais nous ne l'utilisons jamais. Je fais exception de part la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons. Expliqua Yuirza.
Yuirza dit alors à Saymaru de s'avancer encore plus prêt, il plaqua alors ses deux mains sur le torse du jeune Elya. Un lumière bleue apparut recouvrant Saymaru puis diminua petit à petit jusqu'à pénétrer son corps.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Saymaru.
- Te voici désormais le gardien d'Ayaru ! Scanda Yuirza.
Saymaru resta bouche bée, toutes les autres personnes autour regardaient la scène avec un sourire.
- Le gardien d'Ayaru ? Demanda Saymaru, surpris.
- Oui, le premier gardien d'Ayaru fut Youyé, le second, moi-même par la force des choses. Mais d'après ce que j'ai vu de vous, Ayaru semble épanoui à vos côtés, je pense faire le bon choix en te le confiant. Dit Yuirza.
- Merci... Dit Saymaru, les yeux brillants.
- Cela dit, maintenant te voilà avec une grande responsabilité. Tu vas devoir guider Ayaru vers sa destinée, c'est-à-dire, qu'une fois le moment venu, tu devras partir avec lui pour l'aider à établir le nouveau peuple Oronas ! Dit Yuirza.
- Partir ? Mais... Combien de temps devrais-je partir ? Et aussi comment faire renaître le peuple Oronas si Ayaru et vous êtes les seuls survivants ? Demanda Saymaru.
- Tu devras partir deux ans. C'est le temps qu'il faudra pour recréer entièrement le lieu où les Oronas renaîtront. Et pour ce qui est de ta dernière question, il est vrai que, seul, Ayaru ne pourra rien repeupler. Mais les écrits que j'ai lu lors de mon passage dans plusieurs ruines disséminés sur Menara disent que du dernier ½uf Oronas naîtra le nouveau Roi des Oronas et que sous son règne, la race légendaire des loups volants reverra le jour. Je ne peux donc pas te répondre, laissons faire le destin ! Scanda Yuirza.
Ayaru rejoignit Saymaru et lui lécha la main, il avança ensuite vers Yuirza.
- Merci... Je promet de tout faire pour accomplir ma destinée, pour vous, pour mon peuple. Dit Ayaru en s'inclinant.
- Ma mission prend donc fin ici. Je vais donc devoir quitter ce monde définitivement. Dit Yuirza, se préparant à partir.
- Attendez, je voudrais vous proposer quelque chose avant de partir. L'interrompit le maître.
- Je vous écoute. Répondit Yuirza.
- Accepteriez-vous de rester ici encore un peu ? Demanda le maître.
- Rester ? Malheureusement, ma place n'est plus ici... Je dois partir, j'enfreint déjà nombre de lois rien qu'en étant là devant vous. Dit Yuirza avec calme.
- Je comprends votre situation, mais je pense que rester durant le temps que durera cette guerre ne serait que poursuivre votre mission. Je comprends aussi qu'une fois cette guerre terminée, vous devrez retourner là où est votre place. Dit le maître.
Yuirza resta alors à réfléchir un instant avant de reprendre la parole.
- J'accepte, je terminerai donc ma mission en combattant avec vous jusqu'à la fin de cette guerre où jusqu'à ma mort. Dit Yuirza, solennel.
- Parfait, le temps est donc venu pour vous trois de partir. Reposez-vous et préparez bien votre voyage. Demain matin, vous partirez accomplir votre destin, nous avons confiance en vous ! Dit le maître avec un sourire.
- Comptez sur nous ! Cria Saymaru.
- Pareil pour nous ! Crièrent Bervas, Veyala et Ayaru.
Tous restèrent un moment à discuter et rigolèrent ensemble pendant des heures. L'ambiance joyeuse allait bientôt faire place aux adieux. Ils allèrent tous se coucher et profiter d'une dernière nuit de tranquillité.
De son côté, Orosa sortit de sa tente en souriant.
- Me voilà totalement rétabli. Le moment que j'ai tant attendu pendant des siècles est enfin arrivé. Arlao ! Viens ici ! Appela Orosa.
- Oui, mon seigneur ? Votre armée est prête, les Ukors se sont calmés et sont prêts pour la bataille, les Hommes-Chauves-souris attendent vos ordres. Dit Arlao.
- Parfait ! Je pars devant, suivez-moi ! Scanda Orosa à l'adresse de son immense armée.
Là-haut, dans les cieux, chaque recoin était gardé par des guerriers, les dieux s'étant préparés à l'invasion. Les anges attendaient le signal pour attaquer leurs adversaires par les cieux, les fées des nuages restaient cachées prêtes à surprendre leurs adversaires, les moines célestes grimpés sur des pégases attendaient derrière la horde de lutins blancs pour passer à l'offensive. Les forgerons géants, à chaque coin, attendaient de stopper chaque tentative d'encerclement. Les Hommes-fées, eux, arc à la main étaient prêts à lancer des centaines de volées de flèches sur leurs adversaires. Les cinq dieux restant discutaient entre eux.
- Il n'est toujours pas là ? Demanda Vézelia.
- Non, et nous ne pouvons plus l'attendre, Giurezayow n'en a toujours fait qu'à sa tête. Dit le plus grand d'entre eux.
- Terza a raison, nous ne pouvons plus attendre. Ils vont arriver, que chacun aille protéger un symbole ! Dit le plus jeune d'entre eux.